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En
stéréo et en haute-fidélité
Portrait
de Sam, alias Samyböy, alias By Pröxy,à
la fois musicien, D.J., chanteur et surtout complice de longue date
et de tous les instants de Manöx.
No
wave !
S'il
est lui même un acteur impliqué dans de nombreux projets,
Samyboy est avant tout un passionné de rock tel qu'on
n'en rencontre peu.
Figure libre (ici au singulier, intensément singulier d'ailleurs),
naturellement vigilant, il sait se tenir à l'écart des
troupeaux et hors des chapelles.
Agacé par les positions confortables et consensuelles de la
"rock platitude" - les courants dominants et la dernière
vague ne le portent guère - il exècre également
l'incontinence des virtuoses au service de la virtuosité et,
en règle générale, tous ceux qui affichent leur
nombril et le ballonnement éléphantesque de leur ego.
Are
you experienced ?
Loin
d'être nihiliste pour autant et même ouvert aux propositions
les plus diverses, Samyböy, adepte de longue date du tri
sélectif, est en quête permanente et irrépressible
de découvertes discographiques, non pas pour se mesurer à
quelque éventuel rival mais pour satisfaire sa curiosité
sans limites.
Ses trouvailles artistiques originales, insoupçonnables parfois,
lui permettent de se jeter à l'eau, de goûter à
l'ivresse des profondeurs et aux liaisons dangereuses, pour s'y perdre
ou pour s'y retrouver
Dans
sa discothèque personnelle, voici ceux notamment qu'il défend
bec et ongles :
-
" Lucifer Sam " et " Telegram Sam
" (of course !), des airs de famille signés Syd Barrett
et Marc Bolan
- l'intégrale ou presque des Kinks et des Sparks,
pour fréquenter intensément les 2 paires de frangins
géniaux, respectivement Ray & Dave Davies et Ron
& Russell Mael
- les productions de Bertrand Burgalat et au sens large tout
le catalogue Tricatel, quelques cousins lointains de Novalis
Impulse très vraisemblablement
- " l wanna be Your Dog ", le fidèle
compagnon de l'homme, sans laisse, sans muselière et sans pedigree,
les Stooges, La Loora et pourquoi pas même le
petit dernier de la portée, Olaf Hund
- dans le désordre et pas rangés des voitures, Mc5,
les B-52's, une " Chrysler Rose " et
quelques autres rutilantes cylindrées
- glam rock, glitter et bubblegum, Kasenetz-Katz et Captain Groovy
& his Bubblegum Army même combat !
- " The Model ", autant par Kraftwerk
que par Snakefinger
- sans oublier, de la première à la dernière
seconde, l'intemporel White Noise de David Vorhaus,
"An Electric Storm " (1969 !), unique
et sensuell'ectronique musique
Et
en vrac :
-
Georgio Moroder " Stop " (1966)
- Samuel Hobo & J.M.J. (!) " Freedom Day " (1973)
- Resonance (Bacson, rest in peace) " O.k. Chicago "
(1973)
- Jimmy Bo Horne " Spank " (1978)
- Amanda Lear " Follow me " (1978)
- Spizz " Where's Captain Kirk ? " (1979)
- The Flying Lizards " Money " (1979)
The Bellrays (en live ! en concert ! sur scène ! et même
en studio, the Bellrays, et encore the Bellrays !) the Residents,
the Beach Boys, the Coral, Aphex Twin, the White stripes, Add'n to
X et la plupart des artistes évoqués par Yves
Adrien, Alain Pacadis ou Nick Tosches ...
Samyböy
fait partie des Compliments et de Toxic Kiss aux côtés
de Manöx, il fait partie également de For My
Hybrid (guitare et chant !), il signe ses créations personnelles
(voire confidentielles) sous le pseudo By Pröxy.
Jean-Luc
BILLING
Jusqu'à
ce que vie s'en suive...
Strasbourg
- Illkirch Baggersee - 1999, mes sorties journalières [10m2
oblige] devenaient de plus en plus rares. Elles consistaient à
fréquenter une cabine téléphonique mal famée,
une Fac de Musicologie vecteur d'un trypanosome, et un vendeur hystérique
en panini jambon. Joli quartier pourtant, au carrefour d'un lac pollué,
d'une autoroute qui tourne en bronchite et d'un tram qui annonce :
prochaine arrêt, Emile Mathis.
Seul divertissement échappatoire - Là, fixé entre
un Picard et un Darty : un Cash Converters. Filière
australienne, où tout consommateur musical, fervent de découvertes
brocanteuses, pouvait tuer l'ennui. Un magasin qui commençait
sérieusement à m'obséder. I Can't Stand
the Rain Behind My Window
un jour de parapluie, je me
décide enfin / J'y entre.
Jamais
vu un tel merdier, tout et n'importe quoi, tout est n'importe quoi
- à 100m de chez moi, c'est dingue. Il y de quoi faire jouer
le Muppet Show là-dedans. Tap tap tap ! Un type me tapote sur
l'épaule. Un garçon plus petit que moi [il le restera
à jamais], plus vieux que moi [il le restera à jamais].
Chaussures noires brossées au Spontex, pantalon genre costume
obligatoire pour réunion familiale obligatoire, une chemise
blanche repassée sous un bing, et un badge qu'il porte
à son coeur. Un badge du nom de SAM - VENDEUR. Un garçon
étrange qui sentait l'anis [Flavigny maybe], entre Ricard et
Dandy - je vous avais prévenu.
Est-ce
que l'on se connaissait déjà ? De vue, je dirais...
et en toute sincérité, j'avais l'impression qu'il n'était
pas très sympa le mec. Lou Reed et Jean-Pierre Bacri
dans un shaker, si vous voulez un aperçu. Mais là, déguisé
en poulbot, ça change tout ! Mimiques commerciales, il est
sacrément charmant, poli et tout... J'avais envie de lui acheter
un truc. Chose faite, erreur de jeunesse, je ressortais avec un pied
de synthé.
Plus tard, Sam m'avoue en se marrant que le fameux bout de
ferraille qu'il m'a vendu était tout pourri, qu'il traînait
là depuis l'ouverture du bastringue et qu'ils attendaient un
con pour l'acheter. 100 Frs dans le derrière si l'on veut du
détail. Vengeance / aujourd'hui, à chaque concert que
l'on fait ensemble, je lui ressors le pied pour son clavier... avant
qu'il ne me dise : tu t'es planté de pied là ? Ah bon,
j'ai pas fait attention !
Ah
bon - retour en 99. Je rentre chez moi, et je me dis. Purée
! C'est le chanteur de Kovo Novö, j'adorais ce groupe.
Un combo où l'on retrouvait d'ailleurs Ghost Böb
et Lily Water... et qui avait été pour moi un
rafraîchissement total, tant au niveau du cerveau, de l'aura
- je fais exception de mon haleine, vu le nombre de bières
que je m'enfilais à leur concert -, que du Shake shake shake
your body... robot dancer. Impossible de rester insensible et immobile
devant un groupe aussi génial. Rythmique entre Talking Heads
et Bowie, Television et Durutti Column pour les harmonies
guitares, relents de Bauhaus et de Jim Morrison aux
micros. Un morceau surtout : Dead Man, qui m'inspirera
plus tard Final Lift de Toxic Kiss. Terrible...
même si le groupe splitte très tôt. Terrible.
Comment
revoir cet escroc bubble-gum, ce chanteur maudit, ce vendeur surdoué
? Lui ramener le pied de synthé ? Tu parles, un si bon pied,
ce serait louche !
Deuxième
passage à Cash Converters, le fumier me refile un 45T
de Bernard Menez en slip sur la pochette. J'y retourne, il
me refourgue un jack jaune invendu genre fil téléphonique.
J'y retourne : une sangle violette élastique. En concert, à
chaque saut, tu perds trois dents. J'y retourne : un multi effet qui
fait tellement de sons en une fois, qu'à chaque accord, t'as
l'impression d'être accompagné par le Philharmonique
de Londres. Un médiator russe prénommé Liskova,
un pin's Michael Jackson, et surtout : une basse terrifiante.
Même Guillaume Tell n'aurait pas signé le chèque.
Une sorte d'arbalète injouable... que l'on se partage actuellement
avec Stéphane Lu. Ainsi que la boîte d'Hansaplast
qui va avec.
Je
me décide, au risque de passer pour homosamsuel... je l'invite
à manger. Il accepte et ramène des champignons de Paris
(chez lui, c'est une marque d'affection). On écoute des disques.
On se rafraîchit à la glace. Vanille - noix de pécan
- caramel (Do u remember Jean-Luc ?). Il raconte sa vie. Misérable
vie en tunnel... auquel je ne crois pas. Pour moi il est évident
qu'il n'est rien d'autre qu'un hyperactif complètement génial.
Et que dans ce cas précis, son tunnel n'est pas plus long que
celui qui passe sous la Manche. 35 minutes de traversée je vous
le rappelle. Et encore, à bord, le champagne est permis. Enfin...
la vraie question était de savoir : est-ce que le courant va
passer entre les deux malades mentaux ?
Dormir les
yeux ouverts
Vivre les yeux fermés
Entre les deux, c'est chien et loup.
Quelques
semaines après... lors des célèbres cessions
vosgiennes Hibou Promotion. Trois locaux de répètes
équipés au beau milieu d'une forêt d'épicéas,
dans un préventorium désaffecté. Un établissement
de cure où l'on soignait les gamins atteint de la tuberculose.
Dans de telles conditions, le début d'une grande amitié
est inévitable. Je suis avec le groupe No Pingouin,
lui a intégré les Death to Pigs. A la fin de
la soirée... on se rejoint dans le barda du haut pour déguster
un alcool de cobra que Ludo [véritable bootlegger de
For My Hybrid] avait ramené de Thaïlande. Songs
the Lord Taught us des Cramps à fond. La nuit
semble parfaite - maîtresse d'une réussite - Samyböy
puisque c'est maintenant son surnom [Merci Ludo] me choppe
dans un coin pour me filer 3 K7 audio de 90mn. / 4h de bandes éclectiques
qui allait devenir l'essence même de mon travail actuel, de
ma vie toute entière. Tiens ! M'avait-il dit, voilà
qui résumera ce que j'aime. Ben tiens ! Un choc d'outre-bombe...
pas moins que ça. Il me faudra attendre Maurice G.Dantec,
Chuck Palhaniuk et Will Self pour me désorienter
- à nouveau - de la sorte.
2000
/ le 19ème siècle fait dodo, Il est hors de question
que j'attaque la fin du monde sans Sam. Je ferai des songs
avec lui, il fera des tubes avec moi. C'est obligatoire. S'il refuse,
je l'assomme, je le drogue... jusqu'à ce qu'il craque. On aime
les même trucs : Kinks, Max Roach, les Residents, Abba
et Le Taraf de Haidouks. Aucune raison pour que ça ne
colle pas.
Trois
étapes génétiques :
-
J'ai besoin
d'un double possédé pour Devenir Gris
- spectacle musical entre Philip Glass et Aphex Twin.
Sam interprète mon "moi" qui pète un
câble. A noter que le jour J, il pète réellement
un câble. Le jeune homme n'est pas du genre à faire les
choses à moitié. Chez Sam, le second degré
est inexistant.
-
Pour gagner
notre hamburger quotidien, on décide d'animer en duo des mariages
dans les pires bleds qui soient. On passe sur une grosse sono les
tubes de l'été, en même temps que l'on bic nos
états d'âme sur un bout de nappe. 8h du matin, on rentre
enfin. Avec Bela Bartok à fond. Derrière nos
plein phares, une idée volcanise : Les Compliments.
-
Après
le boulot, on se retrouve route de Kehl, dans mon nouvel appart. Nous
buvons et enregistrons tout et n'importe quoi, jusqu'à ce que
vie s'en suive... un temps mort qui deviendra notre bonheur égoïste.
Expérimentations pop, bidouillages au système D, lyrics
rédigés en 5min au boulot : les Compliments tous
les soirs, réalisaient sans même s'en rendre compte : Absolutly
Freeze. Nous sommes en 2001. Le morceau Toxic Kiss
tape à l'oreille de Jean-Luc Billing, alors animateur
radio de l'émission Figures Libres sur RBS.
Il le diffuse, les auditeurs tombent sous le charme et nous encouragent
fortement à poursuivre nos travaux nocturnes. Növalis
Impulse est créé. Novalis en hommage à
l'écrivain allemand pour ses Hymnes à la nuit. Impulse
pour le clin d'oeil au célèbre label jazz américain
Impulse! où l'on retrouve John Coltrane, Charles Mingus
et le magnifique It's Time de Max Roach. Le ö
pour le Novövision d'Yves Adrien. Tout simplement.
La suite
pour Sam : un album avec les Spangles, un pied de micro
défoncé dans le défoulant For My Hybrid,
maître des manettes au garage Novalis, guitare et clavier
dans Toxic Kiss et productions perso-électroniques sous
l'appellation incontrôlée : By Pröxy. / Un
génie touche à tout, qui avait commencé gamin
par le hautbois et la musique classique, puis avait fait un buzz durant
son adolescence pour le DJ adulé qu'il était - et qu'il
est encore. Les directeurs artistiques se lèvent tôt
pour nous faire la morale, nous expliquer que personne n'est irremplaçable.
Sam lui, surveille la lumière... l'ampoule de notre
salon. Il ne faut pas qu'elle s'éteigne avant lui.
De
rires ou de pleurs, les larmes restent l'arme
Manöx
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